bureau A

 

bureau a

 

PAROLE - Champ-dollon 1/24

Swiss Art Awards 2013

by Dylan Perrenoud

swiss-art-awards

 

Il y a, en Suisse, une tendance à la quiétude professionnelle. En architecture tout particulièrement, les praticiens préfèrent adopter une attitude silencieuse face aux cahiers de charges qui leurs sont proposés. Tout est dans le faire, dans le très bien faire. Tout est dans le comment bien répondre, plus que dans le quoi questionner. Le débat autour du plus minime engagement est inexistant. Or limiter le métier d’architecte à la construction de bâtiments, aussi intéressants et innovants soientils, est une vision réductrice de ce que peut embrasser la discipline. L’architecture a été de tout temps un espace de réfl exion et, par défi nition même, de projection. Si la perspective d’une pratique protéiforme était admise, le positionnement vis-à-vis de questions de société, voir de politique, apparaîtrait avec plus d’aisance.

La figure emblématique de Claude Parent peut refl éter les diffi cultés de l’architecte face à un questionnement sur le pouvoir et l’institution. Naviguant entre les expérimentations sculpturales partagées avec André Bloc, l’«architectures-principe» développée avec Paul Virilio et la construction de centrales nucléaires, cet architecte a porté en lui-même la complexité du débat.

La question n’est donc pas uniquement de savoir si un architecte doit construire ou non une prison, si il a raison de refuser ou d’accepter un tel mandat, mais plutôt d’ouvrir, au travers des outils de l’architecte, le débat nécessaire aux changements possibles. L’architecture ne peut se détourner des questions qui impliquent des espaces institutionnels aussi puissants, violents et déterminants que la prison, et cela d’autant moins dans une période de sur-enfermement global.

Entre espace d’expérimentation scientifi que et lieu de test sociopsychologique faisant écho aux expériences de Stanley Milgram ou de Philip Zimbardo, PAROLE propose d’ouvrir un espace de débat et d’engagement par le truchement de l’architecture. Au travers de la reproduction partielle de l’espace de la prison de Champ-Dollon, aujourd’hui célèbre pour ses records d’occupation, espace ensuite adapté à l’échelle parfaite d’une souris de laboratoire, l’objet architectural se positionne et ouvre au questionnement.

Dans la tradition de l’architecturesculpture définie par Michel Ragon dans les années 60’, lieu d’explorations formelles qui témoigne de son engagement face à des questions sociales et politiques, PAROLE est un objet aux frontières de la culture artistique, de la maquette architecturale et de l’habitat imposé : la cage. Son architecture fragile prétend aller de pair avec la fragilité du positionnement propre à une discipline qui se situe culturellement et historiquement dans une tension entre l’adhésion inévitable au pouvoir, l’architecte bâtisseur, et le refus du système, l’architecte utopiste.

 

swiss-art-awards

 

swiss-art-awards

 

swiss-art-awards

 

swiss-art-awards

 

swiss-art-awards

 

swiss-art-awards

 

swiss-art-awards

 

With the help of :

Celine Mosset, Charles De Oliveira, Vanessa Pointet and Erica Ubbiali.

 

contact

BUREAU A, rue de Grenus 12, 1201 Genève, Switzerland info@a-bureau.com

 

bureau a

BUREAU A